(Attention notions de biochimie dans cet article)
Parmi les raisons pour lesquels on ne s’applique pas de baume sur le corps, c’est le manque de temps.
Mais ce moment pourrait être l’occasion de se faire un automassage. Les bienfaits vont bien au-delà de ce qui est visible pour la peau (par exemple une meilleure hydratation, tel qu’expliquer ici), on aurait donc tort de s’en priver. On plonge ici dans les bienfaits des thérapies manuelles.
La revue scientifique présentée par Cabanas-Valdés et al. (2021) couvre comment la thérapie manuelle, donc la stimulation des neurones sensitifs par massage, qui en activant les voies efférentes, (les neurones qui ramènent les informations vers le système nerveux) permettent la délivrance d’ocytocine dans l’hypothalamus. Ces études illustrent la transmission de l’ocytocine dans l’amygdale et le locus coeruleus (lui est responsable de nous mettre en mode vigilance). Une fois arrivée dans ces deux zones cérébrales, l’ocytocine aura pour effet d’inhiber leurs activités et soutenir ainsi l’activité parasympathique (mettre l’organisme en mode repos).
C’est un des mécanismes qui permet d’expliquer l’effet relaxant des massages.
Malgré la demi-vie relativement courte de cette molécule (environ 30 minutes) ces effets anti-stress peuvent durer bien plus longtemps. Notamment via un de ces mécanismes d’action qu’est l’augmentation des récepteurs Alpha-2-adrenergiques cérébrales, à l’inverse d’autres récepteurs adrénergiques qui auront pour conséquence d’autres cascadent cellulaires. La présence des récepteurs adrénergiques de type Alpha-2 permet d’allonger l’effet calmant du système nerveux central.
Réduire l’ocytocine à la biochimie de l’attachement ne lui fait pas justice. Car elle permet une réaction en chaîne sur de nombreux systèmes. Si vous avez la sensation de planner après votre prochaine séance de massage maintenant vous saurez pourquoi. Le même effet peut être obtenue avec une stimulation des récepteurs par de la chaleur. Alors si vous voulez un vrai cocktail de bien-être combinez un automassage avec un baume REVATUA après une douche bien chaude et donnez-en nous des nouvelles.
Au delà du simple bien-être, un massage peut même agir sur la plasticité cérébrale et peut jouer un rôle essentiel pour la réhabilitation après une blessure traumatique nerveuse.
Selon une étude de Xing et al. (2021), après une lésion du nerf sciatique, on observe une baisse significative d’activité au niveau cortex somato-sensoriel (Zone du cortex qui entre en jeu pour la mise en mouvement du corps). Chez le groupe ayant reçu un massage de 10 min par jour sur 4 semaines on observe une augmentation significative d’activité cérébralducortex somato-sensoriel. A des niveaux inférieurs, mais non loin du groupe n’ayant eu aucune lésion du nerf sciatique, et bien supérieur au groupe ayant reçu de simples acupressions.
Des massages actifs montrent, dans cette étude, être bénéfique comme soutien à la plasticité adaptative pour une meilleure intégration sensorielle et récupération fonctionnelle après une lésion nerveuse.
Des massages ont aussi un rôle important à jouer au niveau musculaire local.
Zhang et al., 2024, démontre dans un groupe ayant reçu 9 minutes de massage TuiNa par jour sur 20 jours (massage traditionnel chinois), qu’il y avait des concentrations de P-FoXO / FoXO dans le muscle soléaire similaire que le groupe contrôle (sans lésion du nerf sciatique). Or P-FoXO est impliqué dans l’inhibition de l’atrophie musculaire et favorise donc la voie anabolique, à l’inverse de FOXO qui est le facteur de transcription de la voie catabolique. Le mécanisme proposé est une augmentation d’IGF-1, PI3K/AKT (l’insuline growth factor active la Phosphoinositide 3-kinase qui a son tour active la synthèse protéique) par amélioration de la circulation dans un muscle qui, après lésion nerveuse, avait perdu de la contractilité et donc de la perfusion sanguine.
Cette fois-ci, on est allé un peu dans le détail, mais ce qu’il faut retenir c’est que des massages réguliers c’est bon pour le corps et l’esprit.
Et si vous voulez apprendre à faire vos propres baumes ou huiles de massage, saviez-vous que je propose un guide complet de la formulation maison?
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L’image d’illustration a été généré grâce à l’intelligence artificielle.
Bibliographie
Cabanas-Valdés, Rosa & Calvo-Sanz, Jordi & Serra Llobet, Pol & Alcoba Kait, Joana & Rueda, Vanessa & Rodríguez-Rubio, Pere Ramón. (2021). The Effectiveness of Massage Therapy for Improving Sequelae in Post-Stroke Survivors. A Systematic Review and Meta-Analysis. International Journal of Environmental Research and Public Health. 18. 4424. 10.3390/ijerph18094424.
Uvnäs-Moberg K, Handlin L, Petersson M. Self-soothing behaviors with particular reference to oxytocin release induced by non-noxious sensory stimulation. Front Psychol. 2015 Jan 12;5:1529. doi: 10.3389/fpsyg.2014.01529. PMID: 25628581; PMCID: PMC4290532.
Xing XX, Zheng MX, Hua XY, Ma SJ, Ma ZZ, Xu JG. Brain plasticity after peripheral nerve injury treatment with massage therapy based on resting-state functional magnetic resonance imaging. Neural Regen Res. 2021 Feb;16(2):388-393. doi: 10.4103/1673-5374.290912. PMID: 32859803; PMCID: PMC7896216.
Zhang, Yingqi & Zhang, Hanyu & Liu, Jiayue & Sun, Jiawei & Xu, Yue & Shi, Narentuya & Zhang, Hongzheng & Yan, Jiawang & Chen, Jinping & Wang, Hourong & Yu, Tianyuan. (2024). Tuina alleviates the muscle atrophy induced by sciatic nerve injury in rats through regulation of PI3K/Akt signaling. Journal of Orthopaedic Surgery and Research. 19. 10.1186/s13018-024-05270-1.